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PORT DE LA ROCHELLE.

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25/09/2007

Invité hier à découvrir les travaux d'extension sur la mer du port autonome, Dominique Bussereau s'est aussi excusé d'avoir milité pour l'installation d'un terminal méthanier

 

 

 

 

 


Il est suffisamment rare qu'un grand chantier public soit en avance sur son calendrier pour que le secrétaire d'État aux Transports ne boude pas son plaisir d'annoncer lui-même la nouvelle.
Invité hier à apprécier enfin l'avancement des travaux d'extension de la future anse Saint-Marc , Dominique Bussereau a confirmé que ces dix hectares de quais gagnés sur la mer seront opérationnels dès 2010.

1/ La bonne nouvelle
Un dossier dopé par le choix, la veille en conseil d'administration, du futur locataire des lieux et gros pourvoyeur d'activité pour le port.
« Le groupe Sica-Kuhn représentera un apport de 1,5 million de tonnes supplémentaires, soit 50 % de plus que l'objectif que nous nous étions fixé », se réjouit le président du port.
Essentiellement des engrais agricoles, des produits de seconde vie et du charbon pour les cimenteries de l'arrière-pays pictocharentais.
« C'est d'autant plus une très bonne nouvelle que nous allons gagner dix-huit mois sur les délais, grâce aux 150 000 tonnes de remblais en provenance de l'île de Ré», assure Michel Grenot.
«Que les choses soient claires, l'État apportera dès 2008 une enveloppe de 900 000 euros», a promis en retour le secrétaire d'Etat.
Au total, la création de ce nouveau terminal devrait nécessiter l'investissement d'une trentaine de millions d'euros par les différents partenaires.

2/ La moins bonne nouvelle
Un temps souhaitée par le ministre, la création à La Rochelle d'un vaste port méthanier ne coûtera à l'inverse pas un centime à la collectivité, pour la simple et bonne raison que Dominique Bussereau a confirmé hier avoir enterré l'idée aussi vite qu'elle lui était venue.
Il s'agissait pourtant de la seule véritable alternative à l'implantation de ce terminal au Verdon, vis-à-vis disgracieux pour les riverains de Saint-Georges-de-Didonne,station balnéaire dont le secrétaire d'État reste l'adjoint au maire...
Mais au coeur de l'été, et à défaut de carte postale, l'initiative lui avait, il est vrai, valu un rude courrier de Maxime Bono, le député-maire de La Rochelle.
« Nous étions tous les deux en vacances, et je veux aujourd'hui couper les ailes d'un canard estival ! Dans un moment d'absence dû à la chaleur du mois d'août, je m'étais demandé pourquoi le port méthanier ne pourrait être installé à La Rochelle. D'une certaine manière, la réaction très vive de mon ami Maxime m'a aidé et conforté. Car si le maire d'une commune dotée d'un grand port industriel redoute les conséquences environnementales d'un tel projet, imaginez un peu ce que peut ressentir celui d'une petite cité touristique!»

3/ La mauvaise nouvelle
Prié d'expliquer comment il pouvait à la fois vanter les mérites du ferroutage et laisser en parallèle la SNCF renoncer au fret des wagons isolés , Dominique Bussereau n'a pas en revanche mâché ses mots pour confirmer une mauvaise nouvelle pour les entreprises rochelaises.
« Le fret ferroviaire progresse partout en Europe sauf en France. Il est urgentissime que la SNCF, si performante avec son TGV, arrête de perdre de l'argent dans ce secteur. Alors, ensuite, elle fait comme elle veut. Si elle considère que les wagons isolés plombent ses comptes, c'est son problème. Mais la SNCF doit faire attention : avec l'arrivée des opérateurs privés elle n'est plus toute seule sur le marché local. »

Une ouverture à la concurrence qui devrait d'ailleurs, selon le ministre, permettre de compenser le retrait partiel de l'entreprise publique.
« Je lance un appel aux responsables du port de La Rochelle pour qu'ils deviennent eux-mêmes opérateurs. Rien ne les empêche en effet d'acheter une ou deux locomotives d'occasion pour rassembler les wagons avant que la SNCF ne les achemine. Les Allemands peuvent déjà s'appuyer sur près de 300 opérateurs locaux. Ce n'est donc pas un hasard si le port d'Hambourg évacue 50 % de ses marchandises par le rail, contre seulement 13 % au Havre. Et, pourtant, il y a de l'argent à gagner dans le fret? »
- Faute de disposer de terre-plein moderne, La Rochelle ne contenait plus la fuite des produits industriels en vrac vers d'autres ports de la façade atlantique. Cette anse nécessite 800 000 mètres cubes de remblais.
- À l'inverse des trains complets, le wagon isolé permet le transport épisodique de marchandises diverses pour les entreprises.

Le Wagon isolé

   Pourquoi aujourd'hui, le wagon isolé est devenu le cauchemar de notre exploitation fret?
L'explication en est pourtant trés simple, s'il est une certitude,c'est que nos ingénieurs ont fait des miracles en matière de recherche de vitesse, preuve en est: notre record TGV; matière grise qui excelle aussi dans bien d'autres domaines.
Pourtant dés que nous nous tournons vers le ferroviaire fret, le dernier grand progrés remonte au remplacement des machines à vapeur.
Parceque en ce qui concerne la recherche de productivité nous sommes restés trés en deça,pour s'en faire une idée, il faut imaginer ce que deviendrait un entrepreneur qui pour son travail de terrassement achèterait encore des pelles pour occuper ses salariés plutot qu'un tractopelle indispensable aujourd'hui.
Ceci pour dire que le wagon isolé est devenu ingérable économiquement parcequ'on n'a pas voulu moderniser l'outil de travail en prévision des nouveaux marchés; il a été préféré de transférer le fret sur la route puisque le produit logistique existait déjà, mais voilà une fois encore nous avons la preuve que les problèmes non résolus vous reviennent dans la figure puisqu'aujourd'hui les mesures de sauvegarde environnementale demandent que l'on remette le maximum de fret sur le train.

 

© intermodalite.com - 25/09/2007 - Texte :Sud Ouest.       Approfondir le sujet, nous communiquer votre réaction ? N'hésitez pas: contact